Un client tape « boulangerie Mâcon » sur son téléphone, en pleine rue, à 9h du matin. Google lui renvoie trois adresses sur une carte, avec les étoiles, les horaires, le bouton « Itinéraire ». Il va pousser la porte de l'une des trois. Rarement la quatrième, qu'il faut aller chercher en scrollant. Cette petite carte, c'est le pack local, et pour beaucoup de commerces de proximité c'est devenu la première vitrine, avant même le site internet.
Le bon référencement Google My Business (le service s'appelle aujourd'hui Google Business Profile, mais tout le monde dit encore « Google My Business ») consiste justement à faire partie de ces trois adresses. Sans acheter de publicité. La fiche est gratuite, la visibilité qu'elle apporte aussi. Encore faut-il la remplir et l'entretenir comme il faut, parce que Google ne classe pas les fiches au hasard.
On installe et on dépanne des commerçants et des PME entre Mâcon, Chalon-sur-Saône, Bourg-en-Bresse, Villefranche-sur-Saône et Roanne, et la question de la fiche Google revient sans arrêt. Voici, concrètement, ce qui fait qu'une fiche sort ou reste invisible, et les quelques erreurs qui peuvent faire suspendre la vôtre du jour au lendemain.
Le référencement Google My Business (aujourd'hui Google Business Profile) désigne l'ensemble des réglages (catégorie, avis, photos, cohérence des informations) qui permettent à une fiche d'établissement d'apparaître dans le pack local de Google, gratuitement, sans publicité payante.
Google My Business : comment Google choisit qui apparaît dans le Top 3 local
Google le dit lui-même dans son aide : le classement local repose sur trois signaux.
La distance, vous ne la changez pas : votre boutique est là où elle est. La pertinence et la proéminence, en revanche, se travaillent. C'est là que tout se joue, et c'est ce que couvre la suite.
lightbulbLe point clé
Vous n'avez pas la main sur la distance. Concentrez vos efforts sur les deux leviers que vous contrôlez : une fiche pertinente (catégorie, infos, description) et une fiche connue (avis, mentions, cohérence).
La catégorie principale, le réglage qui change tout
Si vous ne deviez soigner qu'un seul champ de votre fiche, ce serait celui-là. La catégorie principale est le premier facteur de classement local. Elle dit à Google ce que vous êtes, et donc sur quelles recherches vous êtes éligible.
Le piège est brutal : si votre catégorie principale ne correspond pas à la requête, votre fiche n'apparaît même pas sur cette recherche, quel que soit votre nombre d'avis. Un salon de coiffure de Chalon rangé par erreur dans « salon de beauté » ratera une partie des recherches « coiffeur Chalon ». Cinq étoiles ou pas.
Choisir la catégorie la plus précise
La règle est simple : prenez toujours la catégorie la plus spécifique disponible. « Boulangerie » plutôt que « magasin d'alimentation ». « Restaurant italien » plutôt que « restaurant ». Plus c'est précis, mieux Google comprend votre activité et mieux il vous positionne face aux recherches ciblées.
Les catégories secondaires
Vous avez droit à une catégorie principale et jusqu'à neuf catégories secondaires. Inutile de toutes les remplir : la plupart des fiches en utilisent trois à cinq, et c'est un bon repère. Ajoutez seulement celles qui décrivent vraiment ce que vous faites. Une boulangerie qui vend aussi des sandwichs et du café peut ajouter « sandwicherie » ou « salon de thé ». Une catégorie secondaire qui n'a rien à voir avec votre activité n'aide pas et brouille le message envoyé à Google.
Le nom de votre établissement : n'y touchez pas trop
Voilà une erreur qu'on voit souvent, et elle est dangereuse. Le nom sur votre fiche doit être exactement celui de votre établissement dans la vraie vie : celui de l'enseigne, des papiers, du site. Rien de plus.
La tentation est de bourrer le nom de mots-clés pour remonter : « Boulangerie Dupont, meilleure boulangerie bio artisanale de Mâcon ». C'est une infraction directe aux règles de Google, et un motif de suspension. En 2024, Google a supprimé des milliers de fiches pour nom trompeur. En pratique, Google commence souvent par un avertissement, mais la suspension reste possible, et une fiche suspendue, c'est votre visibilité qui disparaît d'un coup.
Si votre enseigne s'appelle « Le Fournil de Mâcon », votre fiche s'appelle « Le Fournil de Mâcon ». Le référencement, vous le gagnez par la catégorie et les avis, pas en trichant sur le nom.
Les avis, le carburant de votre visibilité
Les avis sont le facteur le plus influent, à la fois pour votre classement et pour la décision du client qui hésite entre vous et le concurrent d'à côté. Un bon paquet d'avis récents et bien notés fait deux choses en même temps : il rassure Google sur votre proéminence, et il rassure l'humain qui lit avant de se déplacer.
La fraîcheur compte plus que le nombre
Détail que beaucoup ratent : Google regarde la fraîcheur des avis. Un flux régulier de nouveaux avis pèse plus qu'un gros tas récolté il y a trois ans, puis plus rien. Cinquante avis étalés sur l'année valent mieux que cent avis tous datés du même mois de 2023. Prenez l'habitude d'en demander, simplement, au bon moment : un client content à qui vous rendez la monnaie, un rendez-vous qui s'est bien passé. La régularité, c'est le signal.
Un point à ne jamais franchir : les faux avis. Acheter des avis ou se faire mousser par des comptes bidons peut désormais entraîner une suspension immédiate de la fiche, pas seulement la suppression des faux. Le risque n'en vaut pas la chandelle.
Répondez à tout, même aux mauvais
Répondre aux avis, tous les avis, positifs comme négatifs, est une bonne pratique reconnue. Un merci sous un avis cinq étoiles, ça coûte trente secondes. Une réponse posée sous un avis un peu sec montre au prochain lecteur que vous êtes là et que vous prenez les choses au sérieux. C'est souvent la réponse à l'avis négatif, plus que l'avis lui-même, qui convainc le suivant.
Si vous n'avez ni le temps ni l'envie de gérer tout ça, c'est typiquement le genre de travail qu'on peut confier à un prestataire local qui pilote la fiche pour vous, comme le fait notre offre de référencement local. Mais même délégué, le principe reste le même : de la régularité et de l'honnêteté.
Photos et publications : montrez que la boutique est vivante
Une fiche qui bouge est une fiche que Google considère comme active. Deux gestes simples envoient ce signal.
Les photos d'abord. Ajoutez-en régulièrement : la devanture, l'intérieur, les produits, l'équipe. Un client se projette bien mieux avec des vraies photos qu'avec une fiche vide, et Google note l'activité.
Les publications (les « posts » Google) ensuite. La fiche permet de publier des petites actualités : une nouveauté, une promo, un horaire spécial pour un jour férié. Publier régulièrement, idéalement chaque semaine, signale à Google que l'établissement tourne. Un restaurateur de Villefranche qui poste son menu du midi chaque semaine entretient sa fiche sans même y penser.
Rien de compliqué là-dedans. C'est juste une habitude à prendre, cinq minutes par semaine.
NAP, la cohérence qui vous protège d'une suspension
NAP, c'est Nom, Adresse, Téléphone. La règle tient en une phrase : ces trois informations doivent être rigoureusement identiques partout où votre entreprise apparaît. Sur la fiche Google, sur votre site, sur les annuaires, sur les Pages Jaunes, partout.
Pourquoi ça compte autant ? Parce que cette cohérence est une des bases de la proéminence. Google recoupe les traces de votre entreprise sur le web. Si votre numéro de téléphone est écrit de trois façons différentes selon les sites, ou si votre adresse a changé quelque part mais pas ailleurs, le signal se brouille. Au mieux vous perdez du classement, au pire une incohérence marquée d'adresse ou de catégorie peut déclencher une revue et, dans les cas sérieux, une suspension.
Le geste utile : notez quelque part la forme exacte de votre nom, adresse et téléphone, et servez-vous-en comme référence chaque fois que vous inscrivez votre entreprise sur un nouveau site.
Fiche suspendue : d'où ça vient et comment revenir
La suspension, c'est la crainte numéro un, et elle est légitime : une fiche suspendue disparaît des résultats. En 2025 et 2026, trois causes reviennent le plus souvent.
- Un nom bourré de mots-clés (le fameux « meilleure boulangerie bio de Mâcon » du chapitre plus haut).
- Une adresse ou une catégorie incohérente avec les autres traces de l'entreprise sur le web.
- Une rafale de modifications rapides sur la fiche, qui déclenche une revue automatique de Google.
Ce dernier point surprend souvent : si vous changez le nom, l'adresse, la catégorie et les horaires tous en cinq minutes, Google peut interpréter ça comme suspect. Espacez les grosses modifications.
Si votre fiche est suspendue, tout n'est pas perdu. La marche à suivre : corriger l'infraction d'abord (remettre le vrai nom, aligner l'adresse), puis déposer une demande de rétablissement auprès de Google avec des preuves à l'appui (photo de l'enseigne, justificatif d'adresse, extrait Kbis). Les dossiers propres, où l'infraction a été corrigée, reviennent généralement en quelques jours à deux semaines. La condition, c'est d'avoir réellement réglé le problème avant de faire appel : redéposer sans rien changer ne mène nulle part.
Questions fréquentes
Google My Business et Google Business Profile, c'est la même chose ?
Combien de temps avant que ma fiche remonte dans le Top 3 ?
Combien de catégories dois-je renseigner sur ma fiche ?
Puis-je ajouter ma ville dans le nom de ma fiche pour mieux ressortir ?
Faut-il répondre aux avis négatifs ?
Ma fiche a été suspendue, que faire ?
Sources
Facteurs de classement local d'après l'aide officielle de Google Business Profile. Poids des avis dans la décision d'achat des Français d'après l'étude IFOP sur l'impact de l'e-réputation sur le processus d'achat. Bonnes pratiques données à titre indicatif.